Pourquoi réagissons-nous de façon disproportionnée ? Comprendre et apaiser ses blessures émotionnelles
« Je sais que ma réaction est excessive, mais je n’arrive pas à faire autrement. »
Cette phrase, je l’entends régulièrement dans mon cabinet de thérapeute psychocorporelle à Brest. Une remarque qui nous blesse profondément. Un silence qui nous angoisse. Une critique qui nous met en colère. Un désaccord qui nous donne envie de fuir ou d’attaquer.
L'article en bref
- Le déclencheur caché : Nos réactions excessives au présent cachent souvent des besoins d'enfant qui n'ont pas été entendus.
- La mémoire du corps : Face à une situation stressante, notre système nerveux s'active automatiquement pour nous protéger (colère, fuite ou repli).
- Le chemin de l'apaisement : Pour se libérer de ces automatismes, la clé n'est pas de comprendre intellectuellement, mais de recréer de la sécurité intérieure.
Et si le problème n’était pas la situation présente ?
Et si ce qui s’exprimait à travers nos réactions était bien plus ancien ?
Nous ne réagissons pas seulement au présent
Nous aimons croire que nos émotions sont causées par ce qui se passe ici et maintenant.
Pourtant, lorsqu’une réaction semble disproportionnée à l’événement qui l’a déclenchée, il est souvent utile de regarder plus loin.
La plupart d’entre nous ont grandi dans des environnements où certains besoins émotionnels fondamentaux n’ont pas toujours été pleinement accueillis :
Besoin d’être compris
Besoin d’être rassuré
Besoin d’être respecté dans ses limites
Besoin d’être vu tel que l’on est
Besoin d’être accompagné dans ses émotions
Nos parents ont généralement fait de leur mieux avec les ressources dont ils disposaient. Mais eux aussi portaient leurs propres blessures, leurs peurs, leurs conditionnements et parfois leurs propres traumatismes.
Nous avons alors appris à nous adapter. Les comportements qui nous font souffrir aujourd’hui ont souvent été des solutions hier. L’enfant que nous étions a développé des stratégies pour préserver le lien, se protéger ou obtenir l’amour dont il avait besoin. Certaines personnes ont appris à faire plaisir pour éviter le rejet.
D’autres se sont construites dans l’hypervigilance, toujours attentives à l’humeur des autres. Certaines ont développé le contrôle pour se sentir en sécurité. D’autres encore ont appris à se couper de leurs émotions pour ne plus souffrir. Ces adaptations ont été précieuses à un moment de notre vie.
Le problème est qu’elles continuent parfois à fonctionner automatiquement alors que nous sommes devenus adultes.
Quand le passé se réveille dans le présent
Un partenaire qui répond moins vite à un message. Un collègue qui semble distant. Un proche qui exprime un désaccord.
Ces situations peuvent réveiller des mémoires émotionnelles anciennes. Nous n’avons alors plus seulement affaire à la situation présente. Nous revivons inconsciemment quelque chose de plus ancien :
- La peur d’être abandonné
- La peur de ne pas être important
- La peur d’être rejeté
- La peur d’être incompris
- La peur de ne pas avoir de valeur.
C’est ce qui explique parfois l’intensité de certaines réactions. Nous ne sommes pas faibles. Nous ne sommes pas excessifs. Nous sommes simplement en train de protéger une partie de nous qui a souffert.
Le système nerveux garde la mémoire de ce que nous avons vécu. Les expériences émotionnelles difficiles ne sont pas stockées uniquement sous forme de souvenirs. Elles s’inscrivent également dans notre système nerveux.
Lorsque nous nous sentons menacés, même inconsciemment, notre organisme peut automatiquement entrer en mode protection. Cela peut prendre différentes formes :
L’hyperactivation
- Anxiété
- Agitation mentale
- Colère
- Besoin de contrôler
- Recherche compulsive de réassurance
L’hypoactivation
- Repli sur soi
- Sensation d’être déconnecté
- Perte d’énergie
- Difficulté à réfléchir
- Impression de ne plus rien ressentir
Ces réactions ne sont pas des défauts de personnalité. Ce sont des réponses biologiques de protection.
Comprendre ne suffit pas toujours
Prendre conscience de nos blessures est une étape importante. Mais la compréhension intellectuelle, à elle seule, transforme rarement les réactions automatiques. Le changement profond se produit lorsque nous apprenons à offrir à notre système nerveux une expérience nouvelle :
Davantage de sécurité
Davantage de douceur
Davantage de présence
Davantage de soutien
Petit à petit, notre corps découvre qu’il n’est plus obligé de réagir comme autrefois. De nouvelles réponses deviennent possibles. Il n’est jamais trop tard pour retrouver de la sécurité intérieure
Guérir ne consiste pas à effacer son passé. Guérir consiste à développer une relation différente avec ce que nous avons vécu. C’est apprendre à reconnaître les parties blessées qui s’activent en nous.
C’est accueillir nos émotions au lieu de les combattre. C’est construire progressivement un sentiment de sécurité qui ne dépend plus uniquement du regard ou des réactions des autres. Lorsque cela se produit, les relations deviennent plus simples.
Nous projetons moins. Nous nous défendons moins. Nous pouvons enfin rencontrer l’autre tel qu’il est, plutôt qu’à travers le filtre de nos blessures.
Et nous découvrons qu’au-delà des mécanismes de protection existe une partie de nous profondément calme, vivante et capable d’aimer.
Vous vous reconnaissez dans ces mécanismes ?
Si vous avez l’impression d’être régulièrement envahi(e) par vos émotions, votre mental ou vos réactions automatiques, un accompagnement peut vous aider à retrouver davantage de sécurité intérieure et à réguler durablement votre système nerveux.
Je vous accueille en cabinet à Brest ou en visioconférence partout en France.


